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Jeux Olympiques 2008 – le Stade National de Pékin surnommé “Nid d’Oiseau”
Posté le Jeudi 29 juillet 2010dans Architecture, Chine, Contemporain, Sport, Stade, Voyagepar Alexandre RosaImprimer
Une visite en Chine est généralement composée d’étapes dans de nombreux temples, mais l’ancien Empire du Milieu est désormais entré dans l’aire moderne et fourmille de créations architecturales originales qui valent tout autant le détour. Avec l’Exposition Universelle de Shanghai en 2010 et les Jeux Olympiques d’été de Pékin en 2008, les évènements internationaux n’ont pas manqué ces dernières années dans le pays le plus peuplé du monde. Autant de prétextes à de grands travaux, comme celui du nouveau Stade National du pays, situé à Pékin.
Surnommé le Nid d’Oiseau (鸟巢 niǎocháo) pour son architecture, le Stade National de Pékin est situé dans l’Olympic Green au nord de la capitale
de la République populaire de Chine. Ce stade fut la principale structure des Jeux Olympiques et Paralympique d’été de 2008. Il fut l’hôte des épreuves d’athlétisme et de la phase finale du tournoi de football, ainsi que des cérémonies d’ouverture et de clôture.
Se trouvant à l’est du Centre National de Natation de Pékin, l’enceinte offrait une capacité d’accueil de 91.000 places pendant les Jeux Olympiques, parmi lesquelles on trouvait11.000 sièges temporaires et 140 suites de luxe pour les plus riches. Après les Jeux, le volume fut réduit à 80.000 places et le nid d’oiseau est utilisé depuis pour des compétitions sportives et évènements culturels nationaux et internationaux.
Les dimensions du stade sont gigantesques : 333 mètres de long, 269 de large et 69 de haut. Il occupe une surface de 258.000 mètres carrés et 110.000 tonnes d’acier ont été nécessaires à son édification. Le tout pour un coût de 3,5 milliards de yuans soit 325 millions d’euros. Cependant, suite à des détournements de fond, il n’est actuellement plus prévu de le couvrir entièrement comme c’était le cas à l’origine.
Contrairement à la tradition asiatique, le stade fut construit en béton recouvert d’acier. Il est le fruit d’un concours de design organisé par le gouvernement chinois en 2002
pour établir la conception du futur stade olympiques. Parmi les architectes du monde entier ayant participé, le projet du “nid d’oiseau” fut sélectionné en avril 2003 à l’issue d’un processus d’appréciation strict et d’un vote du public. Il est l’œuvre du consortium de conception suisse Herzog & de Meuron (lauréats du Prix Pritzker en 2001) mené par l’architecte Stefan Marbach, de la firme consultante ArupSport et de l’Institut de recherches et de conception architecturales de Chine “China Architecture Design & Research Group” (CADG) dirigé par l’architecte en chef Li Xinggang.
L’architecte et artiste chinois Ai Weiwei fut le conseiller artistique du projet, dont la première pelletée officielle eut lieu le 24 décembre 2003. Au pic de sa construction, 17.000 ouvriers travaillaient sur le chantier. En janvier 2008, la magazine The Times rapportait que 10 ouvriers avaient péri durant les travaux en dépit du démenti publié par les autorités chinoises. Toutefois, dans un article publié la semaine suivante en collaboration avec le gouvernement chinois, l’agence Reuters avançait que seuls 2 ouvriers avaient trouvé la mort.
Les 110.000 tonnes d’acier nécessaires à la construction furent entièrement “made in China”. Le 14 mai 2008, la pelouse de 7811 mètres carrés fut installée au cœur du stade en tout juste 24 heures. Dans les temps, le chantier d’acheva avec la cérémonie d’inauguration du 28 juin 2008. Lors de cette cérémonie, Liu Qi et Guo Jinlong dévoilèrent la colonne commémorative d’achèvement du Stade national. Le public avait pourtant déjà pu découvrir l’édifice lors d’un premier évènement baptisé “Good Luck Beijing” 2008 IAAF Race Walking Challenge, les 18 et 19 avril de la même année.
Mais ce qui fait l’originalité du nid d’oiseau, comme son nom l’indique,
c’est bien son aspect naturel qui le distingue des autres stades. L’idée a commencé à germer lors de la première réunion de projet en 2003, à Bâle. Le groupe d’architectes décida alors de faire quelque chose différant complètement de ce que Herzog & de Meuron avaient fait précédemment. “La Chine veut quelque chose de nouveau pour cet important stade”, dit Li. Dans l’optique de dessiner un stade qui soit “poreux” tout en étant un “bâtiment collectif, comme un vaisseau public”, l’équipe étudia les céramiques chinoises et aboutit à l’idée du nid.
La solution choisie fut de construire deux structures indépendantes, séparées de 15 mètres. La première est un bol de béton peint en rouge et l’autre, construite par dessus, est un maillage d’acier le recouvrant.
Dans une tentative de cacher les supports pour le futur toit rétractable prévu dans le cahier des charges initial, l’équipe développa un design “d’acier supplémentaire paraissant aléatoire” pour mêler les supports au reste du stade. 24 colonnes furent ainsi installées dans le cœur de béton du stade, chacune pesant 1000 tonnes. En dépit de leur apparence aléatoire, chaque moitié du stade est pratiquement identique.
Mais après l’effondrement du toit du nouveau terminal de l’aéroport parisien Charles de Gaulle à Roissy, les autorités de Pékin ont revu tous les projets de construction majeurs en Chine, et le toit rétractable fut éliminé des plans en même temps que 9000 sièges du design original. Bien que les architectes perdaient là tout l’intérêt du design en nid d’oiseau, la suppression de ces éléments ont permis de réduit le budget de la construction de 500 à 290 millions de dollars.
Avec la suppression du toit rétractable, le bâtiment fut également rendu plus léger, ce qui l’aida à résister à l’activité sismique si présente le long de la côte Pacifique de l’Asie.
Le terme “nid d’oiseau” fut utilisé pour la première fois par Herzog & de Meuron, bien que leurs pairs considèrent “qu’il y a de nombreuses autres façons de percevoir ce bâtiment”. Pour Li, en revanche, ce surnom est un compliment car “en Chine, un nid d’oiseau est très cher. C’est quelque chose que l’on mange pour les grandes occasions”, explique t-il.
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Article et photos par Alexandre Rosa







































